

De style roman poitevin, construite entre le XIIe et XIIIe siècle (chapelle Saint-Léger) elle est remarquable pour les clochetons de sa façade et les 7 baies qui éclairent son chœur.
Fondée par les seigneurs de Mortagne, elle est la marque de la puissance de l'abbaye de Saint-Michel-en-l'Herm qui avait un prieuré à Mortagne. Les moines en restèrent propriétaires jusqu'en 1661.
Elle fut désastreuse pour toute la région, ravagée par les armées françaises et anglaises puis par des pillards. Prise d'assaut en 1346, Mortagne ne fut libérée qu'en 1373 et l'église subit de graves dommages. La façade nord et ses portails durent être refaits au début du XVe. Le lion et le taureau de chaque côté du portail sont probablement des vestiges de la première façade romane.
Alors que tout le Poitou était à nouveau un champ de bataille entre protestants et catholiques, la ville fut pillée en 1583, puis, en 1588 Agrippa d'Aubigné et ses soldats incendièrent les églises. Les piliers et le bas côté sud de Saint-Pierre de Mortagne s'effondrèrent sous les flammes. On peut remarquer au fond à droite que les piliers n'ont pas été remplacés à l'identique puisque 4 ne sont plus romans mais octogonaux.
Tandis qu'elle attisait les convoitises des prêtres de la paroisse et des moines du prieuré voisin, l'église fut réquisitionnée par les révolutionnaires et vendue aux enchères entre 1791 et 1792.
En mars 1793 eut lieu le soulèvement en masse des Vendéens exaspérés par la persécution religieuse. En tant que place forte, Mortagne fut assaillie et incendiée par Kleber et les Mayençais en 1793. Cette destruction fut complétée par le passage de la colonne infernale de Cordeliers début 1794.
En 1803, l'église est un amas de décombres et son clocher, à la croisée du transept est écroulé. On refit un nouveau clocher, à son emplacement actuel, en 1845, puis le mur sud en 1867.
Le mur nord est d'origine et l'on peut y voir une corniche typique où sont sculptés têtes d'animaux et croix.
Le dallage intérieur fut refait à partir de pierres tombales du cimetière qui s'étendait sur l'actuelle place Hullin. On peut notamment remarquer les pierres armoriées dont celle d'un chevalier avec son épée et celle d'un prêtre portant un calice.
Elle abrite également un véritable trésor visible dans une vitrine sécurisée située à l'entrée latérale gauche de l'église. De nombreux objets de culte sont exposés, certains datant de plus de 800 ans, des calices, croix et autre ciboires… Le Saint Sébastien en bois polychrome est particulièrement remarquable pour son maniérisme.
